Perte identitaire

La personne âgée est soumise à de nombreuses pertes, son vieillissement s'inscrit dans son corps qui devient alors le centre de la problématique identitaire. Ces pertes, qui augmentent avec l'âge, agressent l'image que la personne a d'elle-même et l'estime de soi se retrouve à son tour altérée.

Les séniors vivent dans un corps qui n'est plus considéré comme porteur de valeur et ce dernier ne semble plus pouvoir remplir sa fonction de lieu protecteur pour l'identité.


Alors que l'enfant jubile de son unité corporelle, l'adulte vieillissant s'afflige de l'image renvoyée par le miroir. « Mais que guettons-nous dans ce miroir ?  Qui craignons-nous d'y voir ou de ne plus y voir ? Qui est cet autre semblable à moi-même plus vieux qu'un Moi idéal gardé en souvenir ? » (Messy J.).

Le vieillissement vient déstabiliser le rapport de l'imaginaire et du réel : le miroir nous renvoie la sanction et atteste de l'altération de notre image.

Au final, « le miroir brisé » provoque un déchirement du sujet contre lui-même. C'est un corps morcelé qui ressurgit, révélé à l'individu par l'image de cet autre âgé. Aussi notre rapport à la vieillesse devient agressif car notre propre image y est appréhendée non plus dans sa fonction désirante et unifiante mais en ce qu'elle annonce de destructeur.


Mais vieillir c'est accepter de faire le deuil d'une image de soi pour en construire une nouvelle tout en restant soi-même. Face à tous ces changements corporels, la mémoire permet le maintien de l'identité. Elle donne la faculté de se reconnaître, de se représenter son histoire et son vécu.

 
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